Dans un entretient donné pour le Nouvel Obs, Christophe Lameignère (Président de Sony Music France et patron du SNEP) a eu des propos plutôt virulents à l’égard des anti-HADOPI. J’ai donné ici plusieurs fois mon avis sur le sujet et encore une fois le SNEP est à des années lumières de la réalité technique et politique…
Très clairement l’appel au boycott est une réponse à une non-écoute, nous souhaitons tous que les artistes et producteurs y trouvent leur compte mais cela ne doit pas pour autant mettre en péril les libertés individuelles or l’HADOPI c’est ça, le flicage permanent de l’Internet. Je ne vais pas encore détailler dans cet article mais nous avons proposé de nombreuses solutions et à aucun moment il n’y a eu un réel dialogue puisque nous sommes toujours enfermés dans cette guerre les vilains pirates contre les méchantes majors…
Le fait est qu’il y a 10 ans le marché à changé et qu’il n’y a eu aucune évolution de la part des principaux acteurs de la musique. De nouveaux moyens de consommation, de diffusion mais aussi une nouvelle concurrence qui n’existait pas avant. Plus généralement le marché du divertissement change lui aussi, la progression du cinéma et du jeu vidéo explique selon moi en partie la baisse des ventes.
Bref, je vous invite à relire mes articles précédents…


Tout à fait le problème c’est que la communication ne va que dans un seul sens, pourtant sans être spécialiste du commerce ne faut-il pas commencer par répondre à la demande?
Oui, pour ma part je ne télécharge pas et je n’achète plus de musique hormis certains albums « indépendants » qui sont vendus à des tarifs honnêtes. Aujourd’hui le mp3 est clairement trop cher selon moi, de plus il y a de nouvelle sources de revenus comme je l’ai dit dans mon billet. Des efforts sont fait du coté des professionnels du web notamment YouTube qui va rémunérer les vidéos les plus populaires. La démarche d’Alloclip est elle aussi intéressante mais est hélas seulement limitée aux artistes Universal.
Ensuite il y a aussi des évolutions techniques qui semble-t-il n’ont pas été suivie, je pense au DVD Audio qui offrait une qualité d’écoute très élevée ou encore les formats numérique lossless qui sont encore trop peu rependus.
Je pense qu’avant de s’attaquer aux « pirates », il faudrait déjà revoir l’offre qui peine vraiment à s’imposer, il y a des choses intéressantes mais sont encore trop bridée par des DRM sur certaines plateformes.
Enfin je reste persuadé que les téléchargeurs ne sont pas forcément tous des voleurs car il faut être honnête, les salles de concerts sont pleines et c’est là que la musique prend tout son sens, il faut peut être revenir à l’essentiel de l’art et de penser dans ce sens avant de systématiquement penser business. L’argent a très probablement perverti la musique dans le sens où beaucoup de prod’ se limite à « ce qui plait » sans pour autant prendre de vrais « risques » artistiques ce que l’on avait avant que tout cela ne devienne un marché…
[...] moi il est important de comprendre la réalité du web. Quand je vois, par exemple, la réaction de Christophe Lameignère (qu’il n’y voit rien de personnel), je réalise qu’il y a un réel fossé entre [...]