Thomas Pasquet, co-fondateur de Beezik répond à nos questions !

BeezikBeezik a été lancé par Jean Canzoneri, fan de musique, fondateur de Find A Way (agence de street Marketing) et de Itgoes (label musical), Jean-Christophe Delaunay, co-fondateur de Worldonline, ex-directeur Marketing de SFR Grand public et Thomas Pasquet qui vient du cinéma et avant Beezik, il s’occupait d’une société de production de court-métrages puis a travaillé dans la production cinématographie de longs métrages et documentaires.
Ce site de téléchargement légal de musique devrait ouvrir ses portes dans les prochains jours, l’occasion pour Thomas Pasquet de répondre à toutes nos interrogations…

- Bonjour, vous allez prochainement lancer un site de téléchargement gratuit de mp3, pouvez-vous nous expliquer son fonctionnement ?
Bonjour Jérémy, le fonctionnement de Beezik est assez simple. L’internaute s’inscrit sur le site, choisit le titre qu’il souhaite télécharger, choisit une publicité vidéo pour patienter (10-15 sec) pendant que le titre se télécharge, obtient son titre et est récompensé de 30 points (soit 30 centimes d’euros) à dépenser sous forme de bons de réduction chez nos partenaires e-commerce.

- Il me semble évident que c’est le genre de service qui est très attendu sur Internet, vous avez commencé à communiquer pour en assurer la promotion, les retours sont-ils positifs pour le moment ?
Les retours sont très positifs. Bien entendu, il y aura toujours des gens mécontents, mais la majorité des retours sont très encourageants et nous avons chaque jour des milliers de préinscriptions.

- Je me suis à plusieurs reprises prononcé contre le projet de loi HADOPI, un tel site est une sorte de réponse à ce texte. Quel est votre sentiment sur le sujet, le problème viendrait-il pas plutôt du manque d’offres justement ?
C’est du constat du manque d’offre que Beezik est né. Jusqu’à la sortie de Beezik, il n’y avait que 2 choix possibles pour les internautes : payer ou être dans l’illégalité, avec dans ce dernier cas des conséquences lourdes pour des milliers de jeunes artistes et de labels indépendants. Nous avons juste essayé de trouver une solution qui permette de concilier les attentes de tout le monde : l’internaute ne veut pas être obligé de payer, et les artistes doivent pourtant pouvoir vivre et développer leur création.

- Le téléchargement demande des infrastructures solides pour répondre à une telle demande, comment allez-vous techniquement assurer le service (L’hébergement notamment) ?
Nous avons externalisé l’hébergement ainsi que le transit IP auprès d’un prestataire possédant une très grosse infrastructure, et qui travaille déjà pour des sites majeurs présents en France et à l’international dans le domaine de la diffusion de contenus audio-vidéos. Nous avons donc toute confiance dans sa capacité à suivre la demande.

- J’imagine que le plus complexe a été de convaincre les professionnels de la musique, comment ont-ils accueilli votre projet, il y eu des résistances ou des hésitations de leur part ?
Bien sur, la signature avec les professionnels de la musique a demandé du temps. Ils voient chaque jour de nouveaux projets, mais n’acceptent de dealer qu’avec ceux qu’ils pensent réellement viables. Ils ont très bien accueilli notre initiative car notre business modèle les a convaincus par sa nature innovante et la valeur ajoutée apportée aux internautes.

- Beezik semble arriver au bon moment alors que l’HADOPI vient d’être voté, c’était un choix marketing ou une pure coïncidence ?
C’était une pure coïncidence : Beezik ne se lance pas parce qu’il y a une loi qui sort, mais parce qu’il y a d’une part une réelle attente et d’autre part un énorme besoin. L’attente, c’est celle des internautes qui se sentent aujourd’hui piégés, qui n’ont pas, pour une partie d’entre eux, le budget ni le pouvoir d’achat leur permettant d’accéder à la musique qu’ils aiment. Le besoin, c’est la nécessité vitale de prendre en compte que pour permettre l’émergence de nouveaux artistes, il faut leur donner la possibilité de développer leurs talents. Par ailleurs, la légalité n’est pas le seul avantage de Beezik. En effet Beezik amène plus de confort et d’efficacité dans le téléchargement d’un titre que le P2P. Sur beezik, pas de fake, pas de virus, pas besoin de mettre 4 titres en téléchargement pour en récupérer un, et un temps de téléchargement ultra rapide. De plus, vos titres sont en 192 Kbps avec la pochette et toutes les infos.

- Le marché de la musique est en pleine mutation depuis l’arrivée de l’Internet, il est étonnant de constater que très peu d’acteurs du web se sont réellement intéressés à ce secteur, comment expliquer cela ?
Je ne suis pas tout à fait d’accord. Je trouve au contraire qu’il y a de plus en plus d’initiatives qui voient le jour, que ce soit en streaming ou en abonnement. Les acteurs du web s’intéressent à ce secteur, mais il est vrai que les accords avec les maisons de disque sont longs et très difficiles à mettre en place.

- Le format WMA était-il une de leurs exigences, n’est-ce pas un peu mal venu alors que l’ensemble des DRM semblent être abandonnés un peu partout ?
Nous n’avons malheureusement pas choisi d’avoir des DRM sur les titres que nous proposons sur Beezik et nous espérons bien faire évoluer rapidement cette situation, mais cela ne peut malheureusement se faire sans un accord avec les majors. Il faut noter toutefois que nous avons d’ores et déjà signé avec des labels indépendants en MP3 Free et que nous accentuons nos efforts pour généraliser le plus vite possible ce format. Pour autant, l’aspect particulièrement critiqué du DRM était notamment lié au fait, qu’avant Beezik, l’internaute qui souhaitait s’inscrire dans la légalité n’avait d’autre choix que de payer son titre et que celui-ci était alors assorti d’un DRM : c’est le fait d’avoir un DRM alors qu’on a payé qui n’était pas acceptable. La différence, c’est que sur Beezik, c’est GRATUIT ! Dans notre cas, la contrainte est de limiter le nombre de transferts possibles du titre. Celui-ci peut être mis sur un total de 5 supports : PC, disque dur, lecteur MP3, téléphone mobile… c’est plus que le nécessaire pour l’usage d’un individu. Et s’il souhaite faire profiter un ami du titre, quoi de plus simple que de lui dire de le télécharger gratuitement sur Beezik ? On voit donc que cette contrainte, dès lors qu’elle est gratuite, ne pèse quasiment pas pour l’internaute.

- Pour rester sur le format, quel sera le birate des fichiers proposés ?
WMA 192 Kbps (c’est la qualité d’un CD physique acheté en magasin). C’est mieux que la plupart des sites de streaming (Deezer, etc…) et que de nombreux fichiers que l’on trouve en P2P.
(Ndlr : Le CD à un birate de 1411kb/s, on en est loin mais la qualité audio de ce format s’en rapproche effectivement)

- De ce que j’en ai lu, j’ai compris que le système se basait sur la publicité pour monétiser le contenu, avez-vous eu des difficultés à trouver des partenaires pour annoncer sur votre site ?
Non. Évidemment un contexte de pleine croissance avec des forts investissements serait l’idéal ! Pour autant, l’internet représente le 3ème média français aujourd’hui, devant la radio et l’affichage. C’est surtout LE média refuge pour les annonceurs et cela pour différentes raisons : réactivité, ciblage, interactivité, garantie de performance etc… Dès lors, alors que les budgets publicitaires sont réduits, les arbitrages se font de plus en plus pour le web, dans une logique de retour sur investissement. Les annonceurs cherchent de plus en plus la « performance » sur Internet et c’est exactement ce que propose Beezik.
Par rapport à tout cela, le format Beezik est une réponse idéale :
Les publicités sont non seulement ciblées, mais encore choisies par les internautes : c’est donc la garantie de toucher des prospects réellement intéressés par la marque.
Par ailleurs, son format vidéo en plein écran est le plus impactant qui soit et est sans égal sur le web (versus des bannières ou des mini vidéo de 4 cmx4cm…).
L’annonceur a la garantie de n’être facturé que pour des internautes ayant vu l’intégralité de son message.
De plus, le format vidéo est en pleine croissance sur le Web et Beezik prend une longueur d’avance sur ce format par rapport à tous ces concurrents.

- Il faudra bien que Beezik soit rentable, c’est évident. Les annonceurs ont-ils vraiment compris l’intérêt de valoriser ce genre de contenus ? Très clairement vont-ils vous rémunérer correctement ?
Les annonceurs souhaitent surtout faire de la publicité « efficace ». Notre modèle répond parfaitement à leurs objectifs de ciblage, d’impact, de mémorisation, et de transformation. Dès lors le raisonnement n’est plus fondé sur le prix au CPM* classique d’une bannière, mais sur une facturation au clic, c’est-à-dire après avoir touché l’internaute. Celle-ci est faite sur des bases significativement plus élevées. C’est ce qui permet de pouvoir rémunérer les artistes et de conserver pour nous une marge nous permettant d’amortir nos coûts.
De plus, la musique est un contenu à fort affect qui plait beaucoup aux annonceurs souhaitant renforcer leur image de marque.

- Comment se passera le partage des revenus entre vous et les ayant-droits ?
Il est difficile comme vous pouvez le comprendre de dévoiler nos accords. Sachez cependant qu’une très grosse partie de nos revenus est reversées aux ayant droits.

- On ne peut que vous encourager dans votre entreprise, j’imagine que l’on vous a déjà comparé à Spiral Frog qui n’a pas réussi à survivre économiquement, Beezik est-il plus solide dans son concept ?
J’ai eu longuement le fondateur de Spiral Frog au téléphone. Notre modèle est vraiment différent du leur :
En termes de marché, du fait de la part de marché de l’IPod, Spiral Frog n’adressait que 30% du marché aux US, alors que Beezik en adresse 70% en France. En outre, notre offre de catalogue musical est bien plus large que la leur.
Concernant le modèle économique, il y a plusieurs différences significatives :
En premier lieu, et sans rentrer dans tous les détails, le modèle de Spiral Frog reposait sur de la publicité par bannières avec une facturation au CPM*, et non de la vidéo commercialisée au coût par clic avec une garantie de visionnage. Le prix de vente de ces 2 dispositifs n’a absolument rien de commun et ne génère donc pas du tout les mêmes revenus.
Ensuite, Beezik a choisi de démultiplier ses sources de revenus, en s’appuyant notamment sur l’explosion du E-commerce et des modèles de e-couponing/e-réduction. Cela constitue un second pilier de revenus qui est précieux pour l’équilibre de notre modèle.

- Votre catalogue devrait inclure les principaux artistes (comprendre « populaires ») mais est-il aussi prévu que des artistes plus indépendants puissent proposer leurs contenus sur votre site et ainsi gagner eux aussi de l’argent ?
Nous avons signé avec Universal Music, EMI Music, The Orchard (le plus gros agrégateur d’indépendants américains) et Naive. Nous venons de signer avec Malligator productions (Marc Cerrone) en MP3 Free et continuons à faire entrer d’autres labels, notamment des indépendants. Nous sommes ouverts à TOUS les artistes (même ceux qui ne seraient pas signés dans un label). Beezik est un formidable moyen de diffusion et de monétisation de leurs œuvres pour tous les artistes.
Ils peuvent nous contacter en nous faisant passer leur production et la rémunération est la même pour tout le monde.

- Je ne pense pas me tromper en disant que lorsque l’on se lance dans une telle aventure c’est avant tout par passion pour la musique, quels artistes écoutez-vous personnellement ?
Chez Beezik, les goûts sont éclectiques :
Pour ma part, en ce moment, j’écoute beaucoup les derniers albums de Franz Ferdinand, The Killers et Coldplay.
Mon associé, Jean, est fan de Hip-Hop. Il écoute Common, Nas, Kanye West, Jay-z, etc… Il a notamment créé un label de Hip-Hop (itgoes) au sein duquel il a produit l’album concept « Jiggabourg » (samples de Gainsbourg et accapellas de Jay-Z). Il compose également des instrus pour des rappeurs français.

- Merci d’avoir répondu à nos questions, quelque chose à ajouter peut-être ?
J’espère que les internautes viendront nombreux pour le lancement de Beezik qui aura lieu dans quelques jours. Encore un peu de patience !

Nous n’hésiterons pas à en reparler sur ZiiK lors de la sortie.

* Cout Pour Mille : Vous êtes rémunéré x€ lorsque vous avez affiché 1000 publicités.

http://www.beezik.com/

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